Par :
SANA
Istanbul

Quelques centaines de personnes ont manifesté samedi 31 octobre au soir à Tel-Aviv. Leur revendication : encourager le camp de l’opposition, mené par le centriste Gadi Eisenkot, une alliance avec les partis arabes afin d’écarter le Premier ministre israélien sortant, Benjamin Netanyahu.
Quelques centaines de personnes se sont rassemblées samedi 31 octobre au soir à Tel-Aviv pour réclamer au camp de l’opposition, mené par le centriste Gadi Eisenkot, une alliance avec les partis arabes afin d’écarter le Premier ministre israélien sortant. "Les Arabes et les Juifs ne gagneront qu’ensemble", "sauvons la démocratie israélienne", pouvait-on notamment lire sur les pancartes.
Le camp de Benjamin Netanyahu est arrivé en tête à l’issue des législatives de mardi, avec 53 sièges au Parlement contre 48 pour le bloc de l’ancien chef de l’armée et centriste Eisenkot – mais tous deux vont devoir élargir leur base s’ils veulent obtenir la majorité de 61 sièges nécessaires pour gouverner.
"C’est notre dernière chance pour un vrai changement", assure Ayelet Raz, psychologue de 60 ans, parmi la foule de 400 à 500 personnes rassemblées à Tel-Aviv.
Artisans d’un bloc anti-Netanyahu
Les Arabes israéliens représentent près de 20 % de la population, et leurs listes ont obtenu 19 sièges aux élections, un score inédit qui les place en position de faiseuses de rois et pourrait permettre à un bloc anti-Netanyahu de réunir 67 sièges à la Knesset.
Mais dans un pays de plus en plus à droite, en particulier depuis le 7-Octobre, l’idée d’une telle coalition est loin de faire l’unanimité. Pendant la campagne, Gadi Eisenkot avait rejeté cette possibilité.
"On a une vraie opportunité d’avoir un gouvernement qui représente la population telle qu’elle est vraiment", avance Yoav, 20 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. Un peu plus de 200 personnes s’étaient aussi rassemblées à Jérusalem, levant des pancartes "Nous ne nous tairons pas" ou "Pourquoi pas ? (sauf si nous sommes racistes)".
Sharon Balaban, une artiste vidéaste de 55 ans qui a toujours voté à gauche, a cette fois choisi Gadi Eisenkot, car il était le mieux placé pour battre Benjamin Netanyahu. "J’espère qu’il n’aura pas peur, qu’il aura le courage d’essayer" de s’allier avec les partis arabes, dit-elle.
Une coalition envisageable ?
Passant devant la manifestation, quelques jeunes adolescents crient "Bibi" plusieurs fois – le surnom de Benjamin Netanyahu.
À Tel-Aviv, quelque 150 de ses partisans sont venus dire leur opposition à une telle alliance. "Les Arabes n’ont pas gagné, parce qu’ils ont volé l’élection", lance Nava Rehavia, reprenant les accusations de fraude portées par le camp du Premier ministre depuis le jour du scrutin – et qui n’ont pour l’heure pas été étayées, même si les autorités ont annoncé enquêter.
Les partis arabes ont de leur côté dit être prêts à soutenir une coalition dirigée par Gadi Eisenkot. Samedi, ce dernier a réitéré sur X son souhait de former un "gouvernement sioniste" composé de membres acceptant de reconnaître d’Israël "comme État juif" et de qualifier le Hamas palestinien, responsable de l’attaque du 7-Octobre, "d’organisation terroriste" – des conditions que les partis arabes ont refusé d’accepter par le passé.
Dans le camp de l’opposition, les Démocrates (gauche, 8 sièges obtenus) sont les seuls à avoir ouvertement appelé à une coalition avec les partis arabes, et leur chef Yaïr Golan a rencontré jeudi l’un de leurs dirigeants, Mansour Abbas. Autre membre du bloc d’opposition, Avigdor Liberman (droite, 7 sièges obtenus) a lui rejeté vendredi toute alliance avec "les soutiens du terrorisme".
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